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Les ombres du coeur (Shadowlands): C. S. Lewis et Joy Gresham

Je hais les dimanches (titre d’une chanson d’Edith Piaf chantée aussi par Juliette Greco).

Ce matin, réveillé tôt après une insomnie j’ai vu au programme “Les ombres du coeur” de Richard Attenborough avec Anthony Hopkins et ai lu : catégorie “Romance”…
Pouah me suis je dit, encore une de ces histoires d’amour dégoulinantes de guimauve, entre un professeur anglais et une américaine..
Je l’ai quand même laissé jouer sans vraiment regarder…quand je fus tiré de ma somnolence par le nom du professeur, qu’il dit au fonctionnaire de mairie lorsqu’il épouse l’américaine juste formellement, pour qu’elle puisse résider en Angleterre après avoir fui les USA et son mari alcoolique et violent dont elle a divorcé, et ce nom est :

Clive Staples Lewis

un écrivain anglais tout à fait particulier, qui est aussi un philosophe influencé par le christianisme, auteur de “La trilogie cosmique” et des Chroniques de Narnia, auxquelles le cinéma et les films récents n’ont pas rendu justice, comme c’était prévisible.

Ce film est inspiré d’une histoire réelle : C S Lewis a réellement épousé “platoniquement” Joy Gresham en 1956, et c’est quelques temps après qu’elle a appris qu’elle était atteinte d’un cancer, qui a eu raison de sa vie en 1960.

Lewis est resté auprès d’elle jusqu’au bout, et ces deux être ont semble t’il vécu un amour “en esprit”, luttant tous deux contre la mort, ses terreurs et ses souffrances.

Une très belle histoire qui “ouvre sur le ciel”, aurait dit Balzac.

Mais elle ouvre aussi vers les enfers (inferi) car le mari américain alcoolique dont Joy avait divorcé en 1954 n’est autre que William Lindsay Gresham :

https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Lindsay_Gresham

un écrivain atypique auteur en 1946 de “Nightmare alley”  adapté au cinéma rapidement et sorti en film en 1947  avec le remarquable Tyrone Power.

titre français : “Le charlatan” qui résume bien l’oeuvre, une oeuvre sur la tromperie des numéros dits “psychiques” de cirque ou de cabaret , de subtiles (ou pas) escroqueries suggérant par la fraude une connaissance occulte et magique.

http://oncle-archibald.blogspot.fr/2011/01/le-charlatan.html

http://www.arte.tv/sites/fr/olivierpere/2013/04/11/le-charlatan-dedmund-goulding/

Stan (joué par Tyrone Power) y rencontre une femme encore plus rusée que lui, bien prénommée Lilith, jouée par Helen Walker, qui verra sa carrière dynamitée par un accident sous alcool impliquant des morts en 1946, et finira dans la misère et l’alcool en 1968 après avoir vu sa belle maison, dernier reste de sa richesse passée, brûler quelques années plus tôt.

Un destin qui évoque celui de Linda Darnell, qui, tombée dans la dépression et l’alcoolisme après être passée dans les brasd’Howard Hughes, brûlera vive dans sa villa au début des années 60, ivre morete, pour une cigarette mal éteinte.

De même William Lindsay Gresham mourra dans de terribles souffrances en 1962, et C S Lewis mourra en 1963, mais après avoir laissé une oeuvre grandiose :

https://fr.wikipedia.org/wiki/C._S._Lewis

https://www.cslewis.com/uk