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Simone Weil : des prêtres et prophètes impost(u)eurs aux philosophes-géomètres dont le premier est Thalès

Nous continuons l’étude de “Science et perception dans Descartes” ce mémoire écrit vers 1929-1930 qui a déplu au directeur d’études de Simone Weil : Léon Brunschvicg.

Quand deux étoiles se téléscopent, évidemment ça fait des étincelles….

Quant à moi mon admiration pour le Sage ne concurrencera jamais ma fascination pour “la martienne” (telle que l’appelait affectueusement son maître Alain).

“La Sainte de l’Abîme est plus sainte à mes yeux”

http://classiques.uqac.ca/classiques/weil_simone/sur_la_science/sur_la_science.html

page 2 de l’Introduction

C’est ainsi que les hommes, bornés à l’interprétation immédiate des sensations, ne s’en sont jamais contentés; toujours ils ont pressenti une connaissance plus haute, plus sûre, privilège de quelques initiés. Ils ont cru que la pensée errante, livrée aux impressions des sens et des passions, n’était pas la pensée véritable ; ils ont cru trouver la pensée supérieure en quelques hommes qui leur semblèrent divins, et dont ils firent leurs prêtres et leurs rois. Mais n’ayant aucune idée de ce que pouvait être cette manière de penser supérieure à la leur, comme en effet ils n’auraient pu la concevoir que s’ils l’avaient possédée, ils divinisèrent en leurs prêtres, sous le nom de religion, les plus fantastiques croyances. Ainsi ce juste pressentiment d’une connaissance plus sûre et plus élevée que celle qui dépend des sens fit qu’ils renoncèrent chacun à soi, se soumirent à une autorité, et reconnurent pour supérieurs ceux qui n’avaient d’autre avantage sur eux que de remplacer une pensée incertaine par une pensée folle.”

on croirait du D’Holbach….seulement l’agressivité de Simone Weil s’adresse à l’Eglise ou à la Synagogue comme phénomène collectif et pensée collective.

Voici ensuite que Thalès fait son entrée :

Ce fut le plus grand moment de l’histoire, comme c’est un grand moment dans chaque vie, que l’apparition du géomètre Thalès, qui renaît pour chaque génération d’écoliers. L’humanité n’avait fait jusque-là qu’éprouver et conjecturer ; du moment où Thalès, étant resté, selon la parole de Hugo, quatre ans immobile, inventa la géométrie, elle sut. Cette révolution, la première des révolutions, la seule, détruisit l’empire des prêtres. Mais comment le détruisit-elle ? Que nous a-t-elle apporté à la place ? Nous a-t-elle donné cet autre monde, ce royaume de la pensée véritable, que les hommes ont toujours pressenti à travers tant de superstitions insensées ? A-t-elle remplacé les prêtres tyranniques, qui régnaient au moyen des prestiges de la religion, par de vrais prêtres, exerçant une autorité légitime parce qu’ils ont véritablement entrée dans le monde intelligible ? Devons-nous nous soumettre aveuglément à ces savants qui voient pour nous, comme nous nous soumettions aveuglément à des prêtres eux-mêmes aveugles, si le manque de talent ou de loisir nous empêche d’entrer dans leurs rangs ? Ou cette révolution a-t-elle au contraire remplacé l’inégalité par l’égalité, en nous apprenant que le royaume de la pensée pure est le monde sensible lui-même, que cette connaissance quasi divine qu’ont pressentie les religions n’est qu’une chimère, ou plutôt qu’elle n’est autre que la pensée commune ? Rien n’est plus difficile, et en même temps rien n’est plus important à savoir pour tout homme. Car il ne s’agit de rien de moins que de savoir si je dois soumettre la conduite de ma vie à l’autorité des savants, ou aux seules lumières de ma propre raison ; ou plutôt, car cette question-là, ce n’est qu’à moi qu’il appartient de la décider, si la science m’apportera la liberté, ou des chaînes légitimes.

Cet “autre monde”, ce “royaume de la pensée pure”, ce n’est rien d’autre que le monde de l’Esprit , axe vertical de la Croix, que les prêtres menteurs ont travesti en un “au delà d’après la mort” entièrement calqué sur le monde sensible et ses fantasmes : c’est ainsi qu’Allah le proxénète promet à ses élus de pouvoir faire “après la mort” tout ce qui leur est interdit ici-bas, voir sourate 56:

http://islamfrance.free.fr/doc/coran/sourate/56.html

11. Ce sont ceux-là les plus rapprochés d’Allah

12. dans les Jardins des délices,

13. une multitude d’élus parmi les premières [générations],

14. et un petit nombre parmi les dernières [générations],

15. sur des lits ornés [d’or et de pierreries],

16. s’y accoudant et se faisant face.

17. Parmi eux circuleront des garçons éternellement jeunes,

18. avec des coupes, des aiguières et un verre [rempli]: d’une liqueur de source

19. qui ne leur provoquera ni maux de tête ni étourdissement;

20. et des fruits de leur choix,

21. et toute chair d’oiseau qu’ils désireront.

22. Et ils auront des houris aux yeux, grands et beaux,

23. pareilles à des perles en coquille.

24. en récompense pour ce qu’ils faisaient.

25. Ils n’y entendront ni futilité ni blasphème;”

(tu m’étonnes….les blasphémateurs, comme Charb, Salman Rushdie et les autres seront tous en enfer, avec pour seule houri la veuve Poignet…….ah y a pas à dire c’est bien calculé “aux ptits oignons” leur système)

enfin bref les élus pourront tripoter les garçons “éternellement jeunes” (pourquoi ce détail si cela n’introduit pas une signification sexuelle” qui leur serviront à boire une liqueur qui ne donne pas la gueule de bois le lendemain matin…la vie des récompensés n’est elle pas merveilleuse ?

ceci avant de passer à des plaisirs plus “substantiels” avec les houris…”en récompense de ce qu’ils faisaient”, c’est à dire de l’obéissance à “ceux qui savent interpréter le Coran”, ceux qui sont dans les petits papiers de Dieu!

Cet extrait, dont cela m’étonnerait qu’il fût de Fichte, parle aussi d’un autre monde:

http://fr.wikisource.org/wiki/Il_existe_un_autre_monde

qu’il oppose à l’absurdité du “plan vital”, celui de l’Ecclésiaste, celui des générations successives “sous le Soleil”, où “il n’y a rien de nouveau”….puisque tout y tourne en cercle:

Je mange et je bois, afin d’avoir encore faim et soif pour boire et manger de nouveau. La tombe sans cesse entr’ouverte saisit enfin sa proie : j’y descends pour devenir la pâture des vers, et je laisse derrière moi des êtres semblables à moi, afin qu’ils boivent, mangent aussi, jus­qu’à ce qu’ils meurent, remplacés eux-mêmes par d’autres êtres sem­blables à eux, qui à leur tour viendront aux mêmes lieux faire les mêmes choses. Voilà ma vie ! Voilà le monde ! C’est une courbe qui revient éter­nellement sur elle-même. C’est un fantastique spectacle où tout naît pour mourir, et meurt pour renaître. C’est une hydre aux innombrables têtes, ne se lassant jamais de se dévorer pour se reproduire, et de se reproduire pour se dévorer encore.”

est ce que cela, cette danse en cercle qui tournoie perpétuellement (plutôt qu’éternellement) n’est pas dépeinte par l’arcane 19 du Tarot Le Soleil ?

C’est ce que suggère le mur derrière les deux personnages, l’un masculin l’autre féminin (d’où l’enfantement, les générations qui se succèdent, le plan vital-sexuel).

Franchir ce mur, c’est “accéder au Royaume des Cieux” (le plan spirituel) : cela exige une seconde naissance, spirituelle et non charnelle.

https://unedemeuresouterraineenformedecaverne.wordpress.com/le-salut-est-au-prix-dune-seconde-naissance-qui-seule-ouvre-le-royaume-de-dieu/

“Le salut est au prix d’une seconde naissance qui seule ouvre le royaume de Dieu” (Léon Brunschvicg)

ce qu’avait déjà dit l’Evangile selon Jean:

http://bible.catholique.org/evangile-selon-saint-jean/3266-chapitre-3

Mais ce royaume de Dieu (Dieu des philosophes et des savants), c’est Thalès le géomètre qui permet d’y entrer…pas Moïse ou Mahomet.

L’esprit se refuse au dieu du mystère comme au dieu des armées” (Léon Brunschvicg)

 

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